Étiquette : eco-consommation

Suremballage : de la vacuité d’une boite de crackers

Peut-être l’avez-vous déjà remarqué, certains produits alimentaires que l’on achète semblent ne pas avoir hérité d’un emballage à leur juste taille, un peu comme si l’on achetait un pull XXL alors qu’un L suffirait amplement. C’est ce que l’on appelle du suremballage. Les exemples tendent toutefois à diminuer, car à l’aune du développement durable, les industriels sont un peu plus regardants. L’achat d’une boite de crackers Bénénuts permet toutefois de se rendre compte qu’une rechute est possible :

suremballage

Les Apéro Cracks Maxi Craquants (c’est leur « petit » nom) sont également maxi emballés ! Pour bien s’en rendre compte, faisons une comparaison avec une autre boite de biscuits apéritifs de chez Belin. La différence de volume est assez substantielle, mais ce n’est pas tout : contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a PLUS de poids de produit chez Belin, 105 grammes contre seulement 90 grammes chez les Cracks de l’apéro. C’est une question de densité me direz-vous. Ouvrons le paquet :

suremballage

C’est donc le grand vide. Le produit remplit à peine la moitié du paquet ! C’est un cas flagrant de suremballage. Par contre, au niveau du prix, les Maxi Cracks Apéro Craquants (pardon, je m’embrouille) retrouvent de la consistance : 13,22 € du kilo chez Carrefour, contre 8 € du kilo pour les Belin Monaco. Il faut cependant le concéder, ces derniers ont le tort de ne pas être nouveaux (et de ne pas contenir d’herbes méditerranéennes).

Les bonnes vieilles recettes du marketing

A ce stade, il est loisible de se poser une question : pourquoi un industriel recourt à un emballage inutilement disproportionné, ce qui augmente ses coûts (plus de matière première, plus de transport, …) ? La justification est évidemment purement marketing : pour vendre, le produit se doit d’être visible (c’est ce que l’on appelle le « facing »). Plus un produit occupe de l’espace, plus il est visible et donc augmente ses chances d’aguicher le consommateur. C’est ce parti que semble avoir pris Bénénuts. Ce faisant, il est pourtant dans l’illégalité.

Ce que dit la réglementation en matière de suremballage

L’article R 543-44 du code de l’environnement est très clair : « L’emballage doit être conçu et fabriqué de manière à limiter son volume et sa masse au minimum nécessaire pour assurer un niveau suffisant de sécurité, d’hygiène et d’acceptabilité ». Rien ne justifie donc cette extravagance, Bénénuts pourrait en conséquence être poursuivi, avec une amende assez substantielle à la clé : 450 € (contravention de la 3ème classe) multiplié par le nombre d’emballages concernés !

Le fait est que les condamnations sont rares pour ne pas dire inexistantes. Pourtant, les exemples ne manquent pas, comme pour cet ordinateur portable acheté sur Internet et livré dans un carton comment dire… inadapté ?

suremballage

 

Et le consommateur dans tout ca ?

Le consommateur a tendance à l’oublier, mais c’est lui qui paie ses emballages, qui font partie intégrante du prix de vente. Et il paiera une seconde fois pour le traitement de l’emballage devenu déchet (voir cet article). Le suremballage coûte donc cher…

Plusieurs entreprises font cependant des efforts avec ce que l’on appelle l’écoconception. Des bonnes pratiques existent et sont notamment prônées par le Conseil National de l’emballage, une instance créée par les professionnels. Certains emballages se sont ainsi considérablement allégés ces dernières années (bouteilles d’eau, paquets de chips, boites de biscuits, …).

En tout état de cause, on a le pouvoir d’agir par ses choix de consommation. On peut privilégier les gros conditionnements lorsqu’ils sont disponibles, ou le vrac. Mais la meilleure façon d’interpeller un professionnel, c’est encore de ne plus acheter les produits qui donnent dans le suremballage. Bye bye les Apéro Cracks Bénénuts !




Planter un poivron chez soi

Vous avez acheté un poivron qui attend vaillamment son heure ? En le préparant, vous allez vous appliquer à enlever les graines pour les jeter à la poubelle. Et si vous en gardiez quelques unes pour les planter ? Ca ne coûte rien, ca prend 5 mn, et vous pourriez être surpris du résultat !

poivron

Voici la bête (le poivron pas le chat !)

Ce dont vous avez besoin :

  • Un pot (ici, il s’agit d’un pot de 40 cm de diamètre)
  • Du terreau
  • Des tuteurs (lorsque la plante aura bien grandi)

La plantation du poivron

Les graines de poivron germent très facilement. Prenez-en 5-6, mettez-les simplement en terre à 3 cm de profondeur dans le pot à côté d’une fenêtre (plein sud c’est mieux), arrosez de temps en temps, et attendez que ca lève (environ 15 jours). A ce stade, considérez que vos poivrons sont en compétition, il ne faudra conserver que le meilleur (celui qui aura poussé le plus vite). C’est du capitalisme végétal, oui c’est cruel. Il est évidemment possible de garder plusieurs plants, mais ils vont devoir se partager le pot, et la récolte sera moins bonne. Ensuite, la seule chose à faire est de maintenir la terre humide (il faut donc arroser régulièrement…).

Au bout de quelques semaines, la plante va commencer à faire des fleurs. Les premières ne donneront sans doute rien, et finiront par tomber. Patience ! Pour donner un fruit, une fleur doit être fécondée. Comme nous sommes à l’intérieur, pour faciliter cette étape, n’hésitez pas à secouer (gentiment) votre poivron de temps en temps pour disperser le pollen.

Les premiers poivrons devraient commencer à se développer à partir du pistil, qui va grossir. Là aussi, il va falloir être patient, ca va prendre encore quelques semaines avant d’avoir un poivron d’une taille raisonnable. Sous le poids des fruits, certaines branches peuvent plier, c’est le moment de mettre en place des tuteurs.

La récolte des poivrons

Il faut préciser ici qu’il va être très difficile d’avoir des fruits aussi gros que ceux du commerce. Tout dépend du volume du pot, de l’exposition, mais aussi des apports de fertilisant. En ce qui me concerne, je mets du purin d’ortie pour stimuler la croissance de la plante, et du thé de vers (issu de mon lombricomposteur). Il ne faut pas hésiter non plus à tailler la plante 1-2 feuilles au dessus du fruit pour qu’elle concentre son énergie sur celui-ci.

poivron

Même si les poivrons restent petits, il n’en demeure pas moins qu’ils vont être bien plus parfumés que ceux du commerce (en tous cas ceux des grandes surfaces). A quel moment peut-on les cueillir ? C’est à vous de voir ! On peut les récolter verts à n’importe quel stade (bon, autant patienter jusqu’à ce qu’ils aient atteint une taille raisonnable, sinon le repas va être frugal), et si l’on attend un peu, on aura même le plaisir de les voir rougir (eh oui, le poivron vert et le poivron rouge sont le même fruit à un stade différent de maturité).

Tout ca à partir de quelques graines ! Et même si la récolte est décevante, vous aurez quand même vu pousser une belle plante ornementale 🙂

_______________________________________________




L’éco-participation : le financement visible du recyclage de nos déchets

Vous avez récemment acheté un produit qui comportait, à côté du prix de vente, une « éco-participation » , ou « éco-part » ? Voici l’occasion de regarder d’un peu plus près à quoi correspond cette somme d’argent, et à quoi elle sert.éco-participation

L’éco-participation est la matérialisation d’une collecte sélective

Un certain nombre d’objets du quotidien font l’objet d’une collecte sélective lorsqu’ils deviennent des déchets, afin d’être valorisés et recyclés. C’est le tri que nous nous efforçons tous de faire avec plus ou moins d’assiduité. Il existe plusieurs filières que nous avons déjà eu l’occasion de détailler. Pour chaque flux, une structure est chargée de mettre en place le tri : ce sont les éco-organismes. Ces entités, agréées par les pouvoirs publics, se financent sur notre consommation, en récupérant une partie du prix que nous avons versé pour l’achat d’un objet soumis à une collecte sélective. Les professionnels concernés abondent les budgets des éco-organismes dans le cadre de ce que l’on appelle la responsabilité élargie des producteurs (REP).  Dans la plupart des filières, le consommateur n’est pas informé de cette ponction. Lorsque c’est visible, on parle d’éco-participation.

Les filières concernées par l’éco-participation

Il en existe deux à ce jour :

  • les équipements électriques et électroniques (les DEEE) ; lorsque nous achetons ce type d’appareil (cela va de l’ordinateur au réfrigérateur en passant par la perceuse), nous allons payer une petite somme d’argent au titre de l’éco-participation qui financera les actions des éco-organismes de la filière, et notamment Eco-systèmes ;
  • les meubles ; cette filière est toute récente. Depuis le 1er mai 2013, là aussi, une éco-participation figure à côté du prix de vente en application de l’article L 541-10-6 du code de l’environnement. L’éco-organisme en charge de cette filière s’appelle Eco-mobilier.

Le montant de l’éco-participation varie en fonction du type de produit acheté, et des coûts de traitement du produit devenu déchet. Ce sont les éco-organismes qui établissement des barèmes que vont devoir respecter les industriels. Le barème d’Eco-systèmes prévoit par exemple une éco-participation de 1 à 2 centimes d’euros HT lors de l’achat d’un téléphone portable. L’impact financier est alors dérisoire, mais sur d’autres types de produits, c’est plus cher : jusqu’à 8 euros HT pour un gros téléviseur, et jusqu’à 13 euros HT pour un réfrigérateur.

Les enseignes qui vendent des appareils électriques et/ou des meubles ont l’obligation d’afficher cette éco-participation à côté du prix de vente. Concernant les meubles, le dispositif est récent, et certains professionnels ne respectent pas encore les prescriptions légales. Ainsi, et c’est étonnant, IKEA nous explique ce qu’est l’éco-participation sur les meubles, mais ne l’affiche pas sur ses articles (c’était le cas à la date de publication de l’article, IKEA s’est mis en conformité depuis) !

A quoi sert concrètement l’éco-participation ?

On l’a compris, les sommes récoltées au titre de l’éco-participation financent les actions des éco-organismes de la filière. Cela représente des dizaines de millions d’€ par an ! Les éco-organismes dépensent cet argent de différentes manières. Il peut s’agir d’actions de communication à destination du grand public, pour informer sur la filière et le geste de tri (spot à la télévision, à la radio, dépliant d’une collectivité, …), de financer la collecte et le traitement des déchets de la filière, notamment dans les déchetteries et les magasins, ou encore de passer des partenariats avec les acteurs de l’économie sociale (Exemple : Emmaüs) pour permettre la remise en état et le réemploi d’un maximum de produits.

En tous les cas, afin que l’éco-participation prenne tout son sens, il ne suffit pas de la payer : encore faudra-t-il respecter les consignes de tri le moment venu !

_______________________________________________




Le coût de notre poubelle, ou pourquoi moins jeter (?)

poubelle

Briques alimentaires compactées

C’est un geste machinal que nous répétons plusieurs fois par jour : nous jetons à la poubelle ce qui est cassé, périmé, dépassé, en gros ce dont on n’a plus besoin. Il peut s’agir de restes alimentaires, d’emballages, d’une ampoule usagée, de la cafetière qui vient de rendre l’âme, de journaux et autres magazines, etc. La plupart d’entre nous ignorent ce que vont devenir ces objets du quotidien requalifiés déchets, et combien cela coûte. Car c’est bien nous qui finançons le devenir de  nos poubelles !

Que dépense-t-on pour la gestion de nous poubelles ?

En France, le coût annuel global des déchets est évalué à 15 milliards d’euros par l’ADEME, avec une règle de base assez simple, celle du pollueur-payeur. C’est la personne qui crée le déchet qui doit financer son traitement. Ainsi, le fait de jeter à la poubelle a des conséquences pour notre porte-monnaie !

Nous payons le traitement de nos déchets à différents niveaux. On doit ainsi régler chaque année un impôt local, la taxe ou la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM).  Il est à noter que pour un locataire, cela peut être inclus dans les charges, car c’est au propriétaire de s’acquitter de la TEOM ou de la REOM en même temps que la taxe foncière.

Ce que nous savons moins, c’est que nous payons aussi pour nos déchets dans notre consommation. A partir du moment où il y a une collecte sélective (par exemple, le bac jaune pour les déchets d’emballages, les collecteurs de piles ou d’ampoules basse consommation dans les grandes surfaces, les collecteurs de vêtements sur la voie publique, …), une fraction du prix versé lorsque nous achetons le produit concerné servira au financement de la fin de vie de celui-ci. Si vous achetez un pack de jus d’orange, vous achetez également les emballages qui vont avec, et vous financez leur traitement en tant que déchet (dans l’idéal leur recyclage si vous le triez bien :-)). Cette ponction reste assez méconnue, car elle est invisible, sauf pour les produits électriques ou électroniques, où une « éco-participation » est mentionnée à côté du prix.

Comment réduire la facture en tant que consommateur ?

En toute logique, le fait de moins jeter et/ou de moins consommer devrait faire baisser l’impact financier de nos déchets. Ce n’est pas aussi simple. En effet, la fiscalité des déchets ne tient pas toujours compte du poids de nos poubelles. Ainsi, la TEOM n’est pas calculée en fonction du volume des ordures collectées. Les choses évoluent cependant, avec la mise en place de redevances dites incitatives, avec par exemple un calcul au poids qui sera effectué pour chaque usager. C’est notamment le cas à Besançon ; la facture doit donc en principe baisser pour ceux qui sollicitent le moins leur poubelle, mais le système nécessite d’investir dans des équipements spécifiques, et les effets sont moins visibles dans les immeubles collectifs (pas d’individualisation).

poubelle

Poubelles de collecte sélective

Au quotidien, il est également possible d’agir par différents gestes pour réduire ses déchets, et donc leur coût : acheter et consommer moins emballé, bien gérer la conservation des denrées alimentaires ou encore se mettre au lombricompostage. Enfin, trier ses déchets, c’est permettre le recyclage de matériaux qui prennent de plus en plus de valeur (leur revente permet ainsi de baisser la facture du traitement des déchets).

Il ne faut cependant pas perdre de vue que nous n’avons pas toujours le choix dans nos achats, c’est également aux professionnels d’agir.

L’implication des professionnels

On parle de plus en plus de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (la RSE). La Loi Grenelle I a posé un objectif de réduction des déchets qui passe par une exigence d’écoconception pour les professionnels. Il s’agit de concevoir et fabriquer des produits qui généreront le moins de déchets possible, et qui seront recyclables facilement. Par exemple, l’article R. 543-44 du code de l’environnement dispose que les emballages des produits doivent le plus possible être limités en volume et en poids par les producteurs, et doivent réduire au maximum leur incidence sur l’environnement.

poubelle

Appareils électroménagers en fin de vie

Les professionnels ne jouent pas toujours le jeu. Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’obsolescence programmée de certains produits. Par ailleurs, la pratique du suremballage existe toujours. Et puis les déchets, c’est de la croissance économique pour certains industriels, et c’est donc intéressant du point de vue du PIB. La logique économique n’est pas toujours celle du moins de déchet possible. Juste un exemple qui m’a frappé récemment, celui des essuie-glaces. Pour commencer, ils ont une durée de vie très limitée, n’est-ce pas étrange qu’ils soient déjà usés au bout de quelques mois ? Mais surtout, pourquoi ne pas simplement permettre de changer la languette de caoutchouc ? Ce serait moins cher pour le consommateur, et il y aurait moins de déchets à la clé, donc moins d’impact environnemental !  Eh bien non, il faut payer plein pot pour racheter toute la ferraille et envoyer les anciens ad patres. On a parlé de coût des déchets, finissons sur ce coup de gueule ! Il est possible d’alléger nos poubelles par des choix de consommation, mais il faut aussi interpeller les industriels pour changer certaines pratiques.

________________________________________________




Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

obsolescence programméeUne proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a remis sur le devant de la scène le concept d’obsolescence programmée. Ce mal toucherait un certain nombre d’appareils de notre quotidien. Mais quel est-il, comment reconnaître ses symptômes, et comment y remédier ?

La notion d’obsolescence programmée

Une étude de l’ADEME définit l’obsolescence programmée comme un « stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Un rapport parlementaire paru en 2011 rappelle que le concept trouve son origine dans un essai de Bernard London de 1932, qui l’érige en solution pour favoriser la croissance économique. On en trouve une des premières applications à grande échelle avec les ampoules à incandescence, dont la durée de vie  a été artificiellement limitée par un cartel de professionnels pour obliger les consommateurs à en acheter beaucoup plus souvent. D’autres écrits sont disponibles sur la question : un rapport du CNIID et des Amis de la Terre de 2010 qui dénonçait déjà certaines pratiques des professionnels, et plus récemment, un rapport du centre européen de la consommation.

Il existe plusieurs formes d’obsolescence plus ou moins condamnables. Ainsi, les effets de mode conduisent à ne plus utiliser un bien qui n’est pourtant pas encore bon pour la poubelle (les vêtements par exemple). Les industriels nous poussent à consommer en mettant en permanence de nouveaux produits sur le marché, à grand renfort de publicité. C’est de bonne guerre, et nous conservons notre libre-arbitre ! Il y a cependant plus grave, notamment lorsque le produit est conçu pour gêner voire empêcher sa réparation (des batteries des téléphones portables moulées dans la coque par exemple, la présence de vis à tête spéciale ou de rivets, des pièces d’usure quasiment inaccessibles, etc.). Il peut également s’agir d’inclure dans l’appareil une pièce essentielle qui va immanquablement casser (condensateur dans un écran plat, cuves en plastique des machines à laver). D’autres techniques sont encore plus insidieuses : ainsi, par le jeu des mises à jour, un ordinateur ou un smartphone devient désagréablement lent, au point de vouloir en changer ; tout peut également être fait pour décourager la réparation, et en premier lieu le prix de celle-ci (« votre appareil est économiquement irréparable, ca tombe bien, on a une offre spéciale en ce moment sur un nouveau modèle »).

Une volonté de légiférer pour contraindre les professionnels à agir

La proposition de loi évoquée vise à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits. Il s’agit d’étendre progressivement la durée de la garantie légale de 2 à 5 ans (ce qui inciterait les fabricants à construire plus durable pour avoir un taux de retour le plus bas possible), d’obliger les professionnels à mettre à disposition pendant 10 ans les pièces détachées essentielles au fonctionnement du produit, ainsi que les notices de réparation. Un délit d’obsolescence programmée serait également créé, défini comme  toute technique par laquelle un fabricant ou un importateur vise à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Celui-ci serait réprimé de 2 ans d’emprisonnement et/ou 37 500 € d’amende.

Que cette proposition de loi soit adoptée ou non, la révélation des techniques d’obsolescence programmée indigne à juste titre les consommateurs. Des entreprises commencent d’ailleurs à surfer sur la tendance, et notamment Malongo qui met en avant une cafetière garantie 5 ans :

Et en attendant qu’est-ce qu’on fait ?

Il est tout à fait possible d’entrer en résistance face aux discours et méthodes de certains professionnels. Ainsi, il est possible de tenter de réparer soi-même son grille-pain fétiche, éventuellement avec l’aide de sites Internet tels www.commentreparer.com, ou le site américain www.ifixit.com, pionnier du genre. Si vous n’avez pas le courage d’ouvrir votre boite à outils, il est possible de s’adresser à des associations d’insertion (et notamment les Ateliers du bocage, de la communauté Emmaüs).

On peut également choisir d’acquérir un produit un peu plus cher, ce qui sera (espérons-le !) synonyme de meilleure qualité, et donc d’une durée de vie allongée ; cela compensera le surcoût à l’achat. Si l’on a un petit budget, on peut acheter d’occasion, et également revendre ce qui fonctionne encore, cela profitera à d’autres.

Enfin, lorsque la panne d’un appareil électrique semble définitive, il convient de déposer le moribond en déchèterie ou dans un point de collecte (trouvez le/la plus proche ici). Il sera dépollué et recyclé, ce qui limitera son impact environnemental.

En tout état de cause, restons informés ! La meilleure sanction vis à vis d’un professionnel qui pratiquerait l’obsolescence programmée, c’est encore de ne pas ou plus acheter ses produits.

_______________________________________________




Savoir ce que l’on mange : doit-on devenir locavore ?

Le scandale de la viande de cheval nous rappelle s’il en était besoin que nous ignorons souvent l’origine des produits entrant dans la falocavorebrication des plats préparés. Face à la cuisine trouble des industriels, le consommer local est revenu en force,  ainsi que les préceptes locavores. Disons le tout de suite, le locavorisme est assez contraignant, mais il est possible de s’en inspirer dans la vie de tous les jours.

Qu’est-ce que le concept locavore ?

Venu des Etats-Unis, le principe est assez simple sur le papier : ne consommer que des produits locaux, c’est-à-dire provenant d’un rayon de 250 km maximum. L’intérêt est de limiter les intermédiaires et de traiter le plus possible avec les producteurs, ce qui permet une excellente tracabilité de son alimentation. Cela oblige également à consommer les produits de saison (ou à faire des bocaux et des conserves). Par ailleurs, les circuits courts tendent également à être plus vertueux d’un point de vue environnemental (v. l’avis de l’ADEME qui émet néanmoins quelques réserves). Une émission diffusée sur France 5 en 2012 avait montré différentes familles qui tentaient l’expérience, et qui avaient pu constater que ce n’est pas si simple ! Difficile de se passer de thé, de café, de bananes, de poivre, de chocolat, de ketchup, …  Sans devenir totalement locavore, d’autres possibilités existent pour mieux connaître son alimentation.

Rechercher certains labels

Quelques labels nous permettent de connaître avec certitude l’origine du produit. Le problème, c’est que les « bons » labels sont noyés dans ceux que créent les industriels à des fins purement marketing. Pour séparer le bon grain de l’ivraie, on peut consulter le site Mes courses pour la planète. On rappellera que le label bio, pertinent si l’on veut éviter les OGM et les pesticides, ne permet pas nécessairement de connaître la provenance du produit (qui peut venir de l’autre bout du monde), contrairement au label rouge, l’IGP (indication géographique protégée), l’AOC (appellation d’origine contrôlée) et l’AOP (appellation d’origine protégée). Pour la viande, il existe également les labels VF (viande bovine française) et VPF (viande de porc française). En tout état de cause, une bonne garantie de provenance locale, c’est aussi d’aller au marché chez des petits producteurs. Il est également possible de passer par un AMAP, ou un Jardin de Cocagne, ce qui vous permettra chez ce dernier de manger bio et de participer à une démarche d’insertion.

Faire soi-même !

On l’a compris, l’origine des ingrédients (généralement nombreux) d’un plat préparé est difficile à établir. De surcroît, on ne prend pas toujours le temps de lire les étiquettes, qui listent par ailleurs assez régulièrement un certain nombre d’additifs (les fameux E suivis d’un numéro). Cuisiner ses plats, c’est avoir la maîtrise de la recette, des aliments qu’on y met, et donc de ce que l’on va manger. Cela prend certes un peu plus de temps, mais cela permet généralement de faire des économies et de générer moins de déchets d’emballage (faites le calcul pour une marmite de soupe qui fera la semaine vs l’équivalent en briques individuelles).

Par ailleurs, il est évidemment possible de cultiver soi-même quelques fruits et légumes, soit en pleine terre, soit en pot sur un balcon (on peut commencer par les aromatiques, mais il est assez facile d’avoir des tomates cerises, des salades voire des courgettes en pot). Quelle meilleure traçabilité que de manger ce que l’on a planté ?

_______________________________________________




Paradoxes et limites de la croissance selon le PIB

pibLa question de la croissance est omniprésente dans le discours politique. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Il s’agit généralement d’une croissance du PIB, acronyme de produit intérieur brut, indicateur qui mesure la richesse d’un pays en termes de production de biens et de services sur une période donnée.

Le propos est ici de montrer les limites de cet outil qui semble avoir le monopole pour évaluer les performances d’un pays (avec son corollaire, le PIB par habitant, qui ambitionne de donner une idée du niveau de vie).

La première critique réside dans le fait que le PIB ne tient pas compte de l’environnement. L’utilisation rationnelle des ressources naturelles apparaît secondaire, tout comme une gestion de celles-ci à long-terme (consommons-les tant qu’on peut, on verra après). Une activité polluante va générer du PIB, et c’est également le cas des opérations de dépollution. Cela n’incite donc pas à faire de la prévention. Ainsi, par exemple, les pollutions diffuses de l’eau vont permettre ensuite à des entreprises de facturer son épuration ; la production élevée de déchet conduira à la mise en place en aval de filières de traitement.

La deuxième limite du produit intérieur brut est son côté mécanique, qui ne tient pas compte de l’utilité de l’activité, et de sa valeur sur le plan humain. On cite généralement l’exemple des accidents de la route, qui génèrent du PIB (soins médicaux, achat de nouveaux véhicules, réparations, …). Une catastrophe naturelle ou un attentat va également contribuer au PIB. Et de manière générale, les guerres sont positives pour l’indicateur, de leur déroulé à la période de reconstruction. Ainsi, le PIB permet mal d’augurer du bonheur et du bien-être d’une population.

Troisièmement, le PIB ne tient pas compte de ce que l’on appelle l’auto-production : si vous avez un potager, les fruits et légumes que vous récolterez ne contribueront pas au calcul de l’indicateur. De même, à chaque fois que vos talents de bricoleur vous permettront de vous dispenser des services d’un professionnel, vous n’apporterez pas votre écot à la richesse nationale. Si en plus vous envisagez de construire votre maison tout seul, la récession nous guette !

Si l’on ajoute à cela que l’ensemble des activités bénévoles ne sont pas prises en compte, l’on va pouvoir conclure que la meilleure façon de favoriser la croissance économique sous le prisme du PIB, c’est de faire du « business » tous azimuths. En poussant le raisonnement par l’absurde, il faudrait que tout soit rémunéré : plus d’acte gratuit, plus de bénévolat, plus de service rendu. Vendez les produits de votre potager à votre voisin, vous achèterez les siens. Rémunérez le conjoint qui ne travaille pas mais s’occupe des tâches ménagères. Ne donnez plus gracieusement des cours de piano au fils de votre ami d’enfance. Tout devrait être facturé et déclaré pour booster le PIB, et permettre à l’Etat d’opérer quelques ponctions salutaires pour la réduction de notre déficit public.

Les messages véhiculés par le PIB peuvent donc faire l’objet de quelques réserves à l’aune des préceptes du développement durable. Rappelons que ce concept ne nie pas l’économie, mais celle-ci n’est qu’une de ses composantes, un de ses trois piliers, qui coexiste avec les enjeux sociaux et la prise en compte de l’environnement. Depuis 2003, la France est d’ailleurs dotée d’une stratégie nationale du développement durable, adoptée pour 5 ans. La deuxième mouture prévoit, à côté du PIB et du taux de chômage, d’autres indicateurs pour évaluer les progrès sur des objectifs tout aussi louables, avec notamment :

  • la productivité matière (qui permet de tendre vers une économie plus sobre en consommation de ressources naturelles)
  • les sorties précoces du système scolaire
  • la participation des femmes aux instances de gouvernance
  • les émissions de gaz à effet de serre
  • l’abondance des populations d’oiseaux
  • l’espérance de vie

Le fait est que l’on entend beaucoup moins parler de ces indicateurs ! En somme, ce n’est pas tant le PIB en soi qui est le plus critiquable, mais sa propension à occulter le reste.

_______________________________________________




Cultiver ses plantes aromatiques

Basilic, ciboulette, coriandre, menthe, persil, estragon, aneth… Toutes ces plantes ont en commun de parfumer régulièrement nos plats. Le basilic splantes aromatiquesur les tomates-mozzarella c’est fantastique ! L’estragon sur le poisson c’est trop bon, et la ciboulette avec le fromage blanc c’est super chouette.

Seulement voilà (style M6), la plupart du temps, nous nous contentons d’acheter nos plantes aromatiques en grande surface, en sachet, lyophilisées, voire surgelées.

A cela, divers inconvénients :

  • le risque de rupture de stock : vous avez une magnifique rangée de 15 flacons Ducros sur l’étagère de votre cuisine, c’est celui dont vous avez impérieusement besoin qui est vide
  • le manque de saveur : la plupart des plantes aromatiques perdent grandement leurs avantages olfactifs une fois cueillies (exemple : le basilic, qui une fois séché n’a plus du tout la même odeur)
  • le prix ! Par exemple, les herbes fraiches ensachées tournent autour de 150 € le kilo (sic).

    Menthe poivrée et menthe verte

Alors, avec l’arrivée des beaux jours, pourquoi n’adopteriez-vous pas quelques plantes aromatiques ? En échange d’un peu d’eau, vos nouveaux compagnons vous dépanneront à loisir pour vos oeuvres culinaires, même le dimanche.

Vous trouverez des pots des principales plantes aromatiques en grande surface, en jardinerie ou chez votre primeur, pour un prix modique (environ 2 €). L’idéal est de rempoter immédiatement dans un contenant plus grand, et de placer votre nouvelle acquisition à la lumière d’une fenêtre, ou mieux, à l’extérieur.

Par ailleurs, certaines plantes se bouturent ; ainsi, si vous avez acheté de la menthe ou du basilic frais en sachet, vous pouvez mettre les brins dans un verre d’eau, et les replanter une fois que des racines apparaissent.

Pour les plus patients, vous pouvez également acheter des graines. C’est aussi la solution la plus économique ! En deux semaines vous verrez les pousses sortir de terre (il faudra néanmoins attendre encore un peu avant de pouvoir opérer ses « prélèvements »).

Ne surexploitez pas vos protégées si vous voulez qu’elles vivent longtemps ! Coupez les brins les plus hauts, cela évitera que la plante fasse des fleurs (sauf si vous voulez obtenir des graines) et lui permettra de se ramifier. L’arrosage doit se faire régulièrement et sans excès (une plante qui a trop d’eau va avoir tendance à se flétrir, ce qui laisse à penser qu’elle a soif alors que c’est l’inverse !).

Les plantes aromatiques en pot, c’est moins cher et c’est meilleur, alors pourquoi ne pas tenter l’expérience ? Cerise sur le gâteau, elles ne génèrent pas de déchets d’emballages.

________________________________________________