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Catastrophes naturelles : gérer les déchets

Parler de catastrophes naturelles en ce moment, c’est immédiatement songer aux inondations qui ont frappé le sud de la France pendant plusieurscatastrophes naturelles semaines, notamment à cause de plusieurs épisodes cévenols. Mais la France est soumise à d’autres risques : séismes, feux de forêt, ou encore cyclones pour les départements et régions d’outre-mer. Ces différents aléas sont autant de dangers pour les personnes, et de façon logique, c’est ce qui est mis en avant dans les médias, mais il faut savoir qu’il y a également des conséquences non négligeables pour l’environnement, notamment en termes de déchets.

Les différents déchets générés par les catastrophes naturelles

Chaque catastrophe naturelle est différente, mais elles ont un point commun, elles peuvent générer des tonnes et des tonnes de déchets. Ceux-ci sont de nature diverse :

  • Appareils électro-ménagers
  • Véhicules
  • Meubles
  • Boues
  • Gravats
  • Produits alimentaires
  • Vêtements

Cet afflux soudain de déchets présente de grandes difficultés d’un point de vue logistique, d’autant plus que les moyens de collecte et de transport peuvent être encore perturbés pendant plusieurs semaines après l’évènement. En 2009, selon l’association Robin des Bois,  la tempête Xynthia a ainsi généré en quelques heures 9000 tonnes de déchets, soit plus de 10 fois la production annuelle ! Plus récemment, les inondations du 17 septembre ont coûté 500 000 euros à Alès pour le traitement des déchets.

La gestion des déchets

Ce sont effectivement les collectivités territoriales concernées qui se retrouvent à gérer tant bien que mal les monceaux de déchets générés par les catastrophes naturelles. Ce n’est évidemment pas facile ; les déchets d’inondation, par exemple, sont généralement trop humides pour être incinérés immédiatement. Certaines substances polluantes se retrouvent par ailleurs disséminées dans l’environnement. Ces dernières années, des outils ont été mis à la disposition des communes sinistrées, tel un guide de prévention et de gestion, afin d’améliorer le traitement et la valorisation des différents types de déchets. Les éco-organismes doivent par ailleurs intervenir pour récupérer les gisements qui les concernent.

catastrophes naturelles

Schématisation d’un site d’entreposage des déchets après une catastrophe naturelle

Les moyens de prévention

En droit de l’environnement, on met souvent en avant un principe de prévention (notamment consacré à l’article 3 de la charte de l’environnement, et à l’article L110-1 du code de l’environnement). L’idée est d’agir en amont des catastrophes naturelles pour limiter au maximum les pertes et les dégâts.

Quels sont les bons gestes ? En cas de risque d’inondation, le simple fait d’arrimer le mobilier de jardin permettra d’éviter qu’il soit emporté. On peut également mettre hors d’eau les meubles, les appareils électriques, les substances polluantes. On peut débroussailler son jardin pour réduire son exposition à un feu de forêt. En fonction du risque encouru, on peut prévoir un kit de survie : il est important d’anticiper car certains objets du quotidien peuvent devenir très difficiles à se procurer après une catastrophe naturelle. On peut par ailleurs se renseigner sur différents sites Internet mis en place par les pouvoirs publics pour vérifier son exposition aux risques : Prim.net et Vigicrues par exemple.

Pour en savoir plus, il existe des guides d’information détaillés à destination du grand public, des collectivités locales et des entreprises. Ces guides, rédigés par type de risque, sont téléchargeables sur le site Internet d’un organisme spécialisé sur les questions relatives aux déchets générés par les catastrophes naturelles : le GEIDE (Groupe d’expertise et d’intervention déchet post-catastrophe). Si on ne peut empêcher les humeurs de la nature, des solutions existent pour protéger les personnes et les biens. Les connaître, c’est être en mesure de réduire les pertes et les traumatismes générés par les différents aléas qui peuvent frapper notre pays.




Planter un poivron chez soi

Vous avez acheté un poivron qui attend vaillamment son heure ? En le préparant, vous allez vous appliquer à enlever les graines pour les jeter à la poubelle. Et si vous en gardiez quelques unes pour les planter ? Ca ne coûte rien, ca prend 5 mn, et vous pourriez être surpris du résultat !

poivron

Voici la bête (le poivron pas le chat !)

Ce dont vous avez besoin :

  • Un pot (ici, il s’agit d’un pot de 40 cm de diamètre)
  • Du terreau
  • Des tuteurs (lorsque la plante aura bien grandi)

La plantation du poivron

Les graines de poivron germent très facilement. Prenez-en 5-6, mettez-les simplement en terre à 3 cm de profondeur dans le pot à côté d’une fenêtre (plein sud c’est mieux), arrosez de temps en temps, et attendez que ca lève (environ 15 jours). A ce stade, considérez que vos poivrons sont en compétition, il ne faudra conserver que le meilleur (celui qui aura poussé le plus vite). C’est du capitalisme végétal, oui c’est cruel. Il est évidemment possible de garder plusieurs plants, mais ils vont devoir se partager le pot, et la récolte sera moins bonne. Ensuite, la seule chose à faire est de maintenir la terre humide (il faut donc arroser régulièrement…).

Au bout de quelques semaines, la plante va commencer à faire des fleurs. Les premières ne donneront sans doute rien, et finiront par tomber. Patience ! Pour donner un fruit, une fleur doit être fécondée. Comme nous sommes à l’intérieur, pour faciliter cette étape, n’hésitez pas à secouer (gentiment) votre poivron de temps en temps pour disperser le pollen.

Les premiers poivrons devraient commencer à se développer à partir du pistil, qui va grossir. Là aussi, il va falloir être patient, ca va prendre encore quelques semaines avant d’avoir un poivron d’une taille raisonnable. Sous le poids des fruits, certaines branches peuvent plier, c’est le moment de mettre en place des tuteurs.

La récolte des poivrons

Il faut préciser ici qu’il va être très difficile d’avoir des fruits aussi gros que ceux du commerce. Tout dépend du volume du pot, de l’exposition, mais aussi des apports de fertilisant. En ce qui me concerne, je mets du purin d’ortie pour stimuler la croissance de la plante, et du thé de vers (issu de mon lombricomposteur). Il ne faut pas hésiter non plus à tailler la plante 1-2 feuilles au dessus du fruit pour qu’elle concentre son énergie sur celui-ci.

poivron

Même si les poivrons restent petits, il n’en demeure pas moins qu’ils vont être bien plus parfumés que ceux du commerce (en tous cas ceux des grandes surfaces). A quel moment peut-on les cueillir ? C’est à vous de voir ! On peut les récolter verts à n’importe quel stade (bon, autant patienter jusqu’à ce qu’ils aient atteint une taille raisonnable, sinon le repas va être frugal), et si l’on attend un peu, on aura même le plaisir de les voir rougir (eh oui, le poivron vert et le poivron rouge sont le même fruit à un stade différent de maturité).

Tout ca à partir de quelques graines ! Et même si la récolte est décevante, vous aurez quand même vu pousser une belle plante ornementale 🙂

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Les pesticides : est-on en mesure de s’en passer ?

L’association Génération futures a publié les résultats d’une enquête réalisée sur une trentaine d’enfapesticidesnts montrant qu’on retrouve un nombre substantiel de molécules de pesticides dans leurs cheveux. Nous sommes tous plus ou moins exposés à ces produits chimiques, principalement au travers de notre alimentation. La question qui se pose est évidemment celle de la dangerosité des pesticides pour la santé ; celle-ci revient régulièrement dans les médias car certaines études sont inquiétantes. Dans le doute, pourquoi ne pas les interdire purement et simplement ? Ce n’est pas si simple !

L’usage des pesticides : ce que dit la règlementation

Précisons d’emblée que ce n’est pas la jungle. Les usages de pesticides sont réglementés : les produits doivent bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché après évaluation scientifique de leurs effets sur l’homme et sur l’environnement. Des règles d’épandage doivent également être respectées par les agriculteurs. L’exposition des consommateurs est enfin contrôlée par le biais du dispositif des LMR (limites maximales de résidus) : les produits alimentaires ne doivent pas dépasser certaines concentrations afin d’éviter les seuils de toxicité.

Le système est basé sur un principe simple : c’est la dose qui fait le poison. Une exposition faible aux substances actives des pesticides ne devrait donc pas avoir d’impact pour la santé humaine. On n’en est cependant plus si sûr car ce principe est en train d’être remis en cause avec la problématique des perturbateurs endocriniens, qui ont des effets même à des doses infinitésimales. Par ailleurs, on ne connait pas toujours les interactions entre les différentes substances : c’est ce qu’on appelle l’effet cocktail.

On le voit, la question de l’innocuité est complexe, et n’a pas fini d’évoluer. Cela veut dire que des substances autorisées peuvent ensuite être interdites. En gros, un pesticide va être considéré comme sans danger à un moment donné, mais il n’est pas exclu que l’expertise scientifique évolue par la suite. La molécule ne sera plus utilisée, mais pourra encore rester des années présente dans l’environnement, et donc continuer à nous contaminer (exemple : le chlordécone aux Antilles).

La dépendance de l’agriculture aux pesticides

Notre modèle d’agriculture, dite conventionnelle (ou intensive), est basé sur l’utilisation d’intrants : ce sont les fertilisants et les pesticides. Ces produits permettent d’augmenter, au moins sur le court/moyen-terme, les rendements. Pour ce qui est des pesticides (on parle aussi de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques), le but est de protéger les cultures pour éviter les attaques d’insectes, de champignons, de maladies. C’est bien pratique ! Le revers de la médaille, on le connait : l’environnement est contaminé, jusqu’à l’homme.

L’agriculture biologique apparaît évidemment comme la solution pour arrêter de recourir à ces produits chimiques polluants. Il faut cependant savoir que cette alternative à l’agriculture conventionnelle reste très minoritaire. Fin 2012, le bio ne représentait même pas 4 % de la surface agricole en France. Les agriculteurs restent majoritairement sceptiques face aux implications en termes de baisse des rendements et d’augmentation de charge de travail. Par ailleurs, un arrêt brutal de l’usage des pesticides entrainerait immanquablement une baisse des productions agricoles, et donc une augmentation des prix. On peut cependant essayer de faire évoluer les choses sur la durée.

La question de la diminution des usages

Les pesticides se retrouvent dans notre environnement, et sont difficiles à éliminer. L’exemple de l’eau du robinet est assez parlant : dans certaines régions, les coûts de potabilisation augmentent, car la ressource est polluée. Il subsiste également des interrogations sur le plan sanitaire. Les pouvoirs publics ont donc mis en œuvre différentes actions pour réduire les usages.

La loi Grenelle I a tout d’abord posé en 2009 un objectif de réduction de moitié des usages de pesticides d’ici 2018 (article 31). C’est le plan Ecophyto, qui contient des mesures incitatives, notamment à destination des agriculteurs. Des objectifs ambitieux avaient également été posés en termes de conversion à l’agriculture biologique (20 % des surfaces à horizon 2020). Dans les deux cas, on sait déjà que l’on n’y arrivera pas ! L’Etat a par ailleurs mis en place un dispositif intermédiaire entre le conventionnel et le bio : c’est la certification HVE (haute valeur environnementale), qui suppose une modération de l’usage des intrants. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les agriculteurs ne se bousculent pas au portillon pour le moment. Ca va prend beaucoup de temps de faire évoluer les pratiques, et les pouvoirs publics ont fait le choix d’une approche non-contraignante.

Une loi du 6 février 2014 se montre plus volontaire en ce qui concerne les usages des pesticides par les collectivités locales et les particuliers (oui, il n’y a pas que les agriculteurs qui y ont recours !). Ceux-ci seront purement et simplement interdits à compter de 2020 pour les collectivités locales (pour les entretiens des espaces verts par exemple), et à compter de 2022 pour les particuliers (notamment ceux qui jardinent). Ces échéances peuvent sembler assez lointaines pour le moment.

Comment diminuer son exposition aux pesticides ?

On peut tout d’abord ne rien faire si l’on considère que le risque est faible voire nul. Dans le doute, on peut cependant être tenté de s’appliquer le principe de précaution à soi-même, et de limiter au maximum son exposition. La première des choses à faire, c’est d’en utiliser le moins possible, notamment lorsque l’on jardine ! Concernant les denrées alimentaires que l’on achète, on peut choisir de privilégier les produits issus de l’agriculture biologique, voire d’un circuit court où l’on sait que le producteur n’utilise pas ou peu d’intrants. Il est enfin conseillé de rincer ses fruits et légumes. Des gestes que l’on ne fait pas toujours, jusqu’à la prochaine étude alarmiste relayée dans les médias !

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L’éco-participation : le financement visible du recyclage de nos déchets

Vous avez récemment acheté un produit qui comportait, à côté du prix de vente, une « éco-participation » , ou « éco-part » ? Voici l’occasion de regarder d’un peu plus près à quoi correspond cette somme d’argent, et à quoi elle sert.éco-participation

L’éco-participation est la matérialisation d’une collecte sélective

Un certain nombre d’objets du quotidien font l’objet d’une collecte sélective lorsqu’ils deviennent des déchets, afin d’être valorisés et recyclés. C’est le tri que nous nous efforçons tous de faire avec plus ou moins d’assiduité. Il existe plusieurs filières que nous avons déjà eu l’occasion de détailler. Pour chaque flux, une structure est chargée de mettre en place le tri : ce sont les éco-organismes. Ces entités, agréées par les pouvoirs publics, se financent sur notre consommation, en récupérant une partie du prix que nous avons versé pour l’achat d’un objet soumis à une collecte sélective. Les professionnels concernés abondent les budgets des éco-organismes dans le cadre de ce que l’on appelle la responsabilité élargie des producteurs (REP).  Dans la plupart des filières, le consommateur n’est pas informé de cette ponction. Lorsque c’est visible, on parle d’éco-participation.

Les filières concernées par l’éco-participation

Il en existe deux à ce jour :

  • les équipements électriques et électroniques (les DEEE) ; lorsque nous achetons ce type d’appareil (cela va de l’ordinateur au réfrigérateur en passant par la perceuse), nous allons payer une petite somme d’argent au titre de l’éco-participation qui financera les actions des éco-organismes de la filière, et notamment Eco-systèmes ;
  • les meubles ; cette filière est toute récente. Depuis le 1er mai 2013, là aussi, une éco-participation figure à côté du prix de vente en application de l’article L 541-10-6 du code de l’environnement. L’éco-organisme en charge de cette filière s’appelle Eco-mobilier.

Le montant de l’éco-participation varie en fonction du type de produit acheté, et des coûts de traitement du produit devenu déchet. Ce sont les éco-organismes qui établissement des barèmes que vont devoir respecter les industriels. Le barème d’Eco-systèmes prévoit par exemple une éco-participation de 1 à 2 centimes d’euros HT lors de l’achat d’un téléphone portable. L’impact financier est alors dérisoire, mais sur d’autres types de produits, c’est plus cher : jusqu’à 8 euros HT pour un gros téléviseur, et jusqu’à 13 euros HT pour un réfrigérateur.

Les enseignes qui vendent des appareils électriques et/ou des meubles ont l’obligation d’afficher cette éco-participation à côté du prix de vente. Concernant les meubles, le dispositif est récent, et certains professionnels ne respectent pas encore les prescriptions légales. Ainsi, et c’est étonnant, IKEA nous explique ce qu’est l’éco-participation sur les meubles, mais ne l’affiche pas sur ses articles (c’était le cas à la date de publication de l’article, IKEA s’est mis en conformité depuis) !

A quoi sert concrètement l’éco-participation ?

On l’a compris, les sommes récoltées au titre de l’éco-participation financent les actions des éco-organismes de la filière. Cela représente des dizaines de millions d’€ par an ! Les éco-organismes dépensent cet argent de différentes manières. Il peut s’agir d’actions de communication à destination du grand public, pour informer sur la filière et le geste de tri (spot à la télévision, à la radio, dépliant d’une collectivité, …), de financer la collecte et le traitement des déchets de la filière, notamment dans les déchetteries et les magasins, ou encore de passer des partenariats avec les acteurs de l’économie sociale (Exemple : Emmaüs) pour permettre la remise en état et le réemploi d’un maximum de produits.

En tous les cas, afin que l’éco-participation prenne tout son sens, il ne suffit pas de la payer : encore faudra-t-il respecter les consignes de tri le moment venu !

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Le coût de notre poubelle, ou pourquoi moins jeter (?)

poubelle

Briques alimentaires compactées

C’est un geste machinal que nous répétons plusieurs fois par jour : nous jetons à la poubelle ce qui est cassé, périmé, dépassé, en gros ce dont on n’a plus besoin. Il peut s’agir de restes alimentaires, d’emballages, d’une ampoule usagée, de la cafetière qui vient de rendre l’âme, de journaux et autres magazines, etc. La plupart d’entre nous ignorent ce que vont devenir ces objets du quotidien requalifiés déchets, et combien cela coûte. Car c’est bien nous qui finançons le devenir de  nos poubelles !

Que dépense-t-on pour la gestion de nous poubelles ?

En France, le coût annuel global des déchets est évalué à 15 milliards d’euros par l’ADEME, avec une règle de base assez simple, celle du pollueur-payeur. C’est la personne qui crée le déchet qui doit financer son traitement. Ainsi, le fait de jeter à la poubelle a des conséquences pour notre porte-monnaie !

Nous payons le traitement de nos déchets à différents niveaux. On doit ainsi régler chaque année un impôt local, la taxe ou la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM).  Il est à noter que pour un locataire, cela peut être inclus dans les charges, car c’est au propriétaire de s’acquitter de la TEOM ou de la REOM en même temps que la taxe foncière.

Ce que nous savons moins, c’est que nous payons aussi pour nos déchets dans notre consommation. A partir du moment où il y a une collecte sélective (par exemple, le bac jaune pour les déchets d’emballages, les collecteurs de piles ou d’ampoules basse consommation dans les grandes surfaces, les collecteurs de vêtements sur la voie publique, …), une fraction du prix versé lorsque nous achetons le produit concerné servira au financement de la fin de vie de celui-ci. Si vous achetez un pack de jus d’orange, vous achetez également les emballages qui vont avec, et vous financez leur traitement en tant que déchet (dans l’idéal leur recyclage si vous le triez bien :-)). Cette ponction reste assez méconnue, car elle est invisible, sauf pour les produits électriques ou électroniques, où une « éco-participation » est mentionnée à côté du prix.

Comment réduire la facture en tant que consommateur ?

En toute logique, le fait de moins jeter et/ou de moins consommer devrait faire baisser l’impact financier de nos déchets. Ce n’est pas aussi simple. En effet, la fiscalité des déchets ne tient pas toujours compte du poids de nos poubelles. Ainsi, la TEOM n’est pas calculée en fonction du volume des ordures collectées. Les choses évoluent cependant, avec la mise en place de redevances dites incitatives, avec par exemple un calcul au poids qui sera effectué pour chaque usager. C’est notamment le cas à Besançon ; la facture doit donc en principe baisser pour ceux qui sollicitent le moins leur poubelle, mais le système nécessite d’investir dans des équipements spécifiques, et les effets sont moins visibles dans les immeubles collectifs (pas d’individualisation).

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Poubelles de collecte sélective

Au quotidien, il est également possible d’agir par différents gestes pour réduire ses déchets, et donc leur coût : acheter et consommer moins emballé, bien gérer la conservation des denrées alimentaires ou encore se mettre au lombricompostage. Enfin, trier ses déchets, c’est permettre le recyclage de matériaux qui prennent de plus en plus de valeur (leur revente permet ainsi de baisser la facture du traitement des déchets).

Il ne faut cependant pas perdre de vue que nous n’avons pas toujours le choix dans nos achats, c’est également aux professionnels d’agir.

L’implication des professionnels

On parle de plus en plus de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (la RSE). La Loi Grenelle I a posé un objectif de réduction des déchets qui passe par une exigence d’écoconception pour les professionnels. Il s’agit de concevoir et fabriquer des produits qui généreront le moins de déchets possible, et qui seront recyclables facilement. Par exemple, l’article R. 543-44 du code de l’environnement dispose que les emballages des produits doivent le plus possible être limités en volume et en poids par les producteurs, et doivent réduire au maximum leur incidence sur l’environnement.

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Appareils électroménagers en fin de vie

Les professionnels ne jouent pas toujours le jeu. Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’obsolescence programmée de certains produits. Par ailleurs, la pratique du suremballage existe toujours. Et puis les déchets, c’est de la croissance économique pour certains industriels, et c’est donc intéressant du point de vue du PIB. La logique économique n’est pas toujours celle du moins de déchet possible. Juste un exemple qui m’a frappé récemment, celui des essuie-glaces. Pour commencer, ils ont une durée de vie très limitée, n’est-ce pas étrange qu’ils soient déjà usés au bout de quelques mois ? Mais surtout, pourquoi ne pas simplement permettre de changer la languette de caoutchouc ? Ce serait moins cher pour le consommateur, et il y aurait moins de déchets à la clé, donc moins d’impact environnemental !  Eh bien non, il faut payer plein pot pour racheter toute la ferraille et envoyer les anciens ad patres. On a parlé de coût des déchets, finissons sur ce coup de gueule ! Il est possible d’alléger nos poubelles par des choix de consommation, mais il faut aussi interpeller les industriels pour changer certaines pratiques.

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Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

obsolescence programméeUne proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a remis sur le devant de la scène le concept d’obsolescence programmée. Ce mal toucherait un certain nombre d’appareils de notre quotidien. Mais quel est-il, comment reconnaître ses symptômes, et comment y remédier ?

La notion d’obsolescence programmée

Une étude de l’ADEME définit l’obsolescence programmée comme un « stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Un rapport parlementaire paru en 2011 rappelle que le concept trouve son origine dans un essai de Bernard London de 1932, qui l’érige en solution pour favoriser la croissance économique. On en trouve une des premières applications à grande échelle avec les ampoules à incandescence, dont la durée de vie  a été artificiellement limitée par un cartel de professionnels pour obliger les consommateurs à en acheter beaucoup plus souvent. D’autres écrits sont disponibles sur la question : un rapport du CNIID et des Amis de la Terre de 2010 qui dénonçait déjà certaines pratiques des professionnels, et plus récemment, un rapport du centre européen de la consommation.

Il existe plusieurs formes d’obsolescence plus ou moins condamnables. Ainsi, les effets de mode conduisent à ne plus utiliser un bien qui n’est pourtant pas encore bon pour la poubelle (les vêtements par exemple). Les industriels nous poussent à consommer en mettant en permanence de nouveaux produits sur le marché, à grand renfort de publicité. C’est de bonne guerre, et nous conservons notre libre-arbitre ! Il y a cependant plus grave, notamment lorsque le produit est conçu pour gêner voire empêcher sa réparation (des batteries des téléphones portables moulées dans la coque par exemple, la présence de vis à tête spéciale ou de rivets, des pièces d’usure quasiment inaccessibles, etc.). Il peut également s’agir d’inclure dans l’appareil une pièce essentielle qui va immanquablement casser (condensateur dans un écran plat, cuves en plastique des machines à laver). D’autres techniques sont encore plus insidieuses : ainsi, par le jeu des mises à jour, un ordinateur ou un smartphone devient désagréablement lent, au point de vouloir en changer ; tout peut également être fait pour décourager la réparation, et en premier lieu le prix de celle-ci (« votre appareil est économiquement irréparable, ca tombe bien, on a une offre spéciale en ce moment sur un nouveau modèle »).

Une volonté de légiférer pour contraindre les professionnels à agir

La proposition de loi évoquée vise à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits. Il s’agit d’étendre progressivement la durée de la garantie légale de 2 à 5 ans (ce qui inciterait les fabricants à construire plus durable pour avoir un taux de retour le plus bas possible), d’obliger les professionnels à mettre à disposition pendant 10 ans les pièces détachées essentielles au fonctionnement du produit, ainsi que les notices de réparation. Un délit d’obsolescence programmée serait également créé, défini comme  toute technique par laquelle un fabricant ou un importateur vise à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Celui-ci serait réprimé de 2 ans d’emprisonnement et/ou 37 500 € d’amende.

Que cette proposition de loi soit adoptée ou non, la révélation des techniques d’obsolescence programmée indigne à juste titre les consommateurs. Des entreprises commencent d’ailleurs à surfer sur la tendance, et notamment Malongo qui met en avant une cafetière garantie 5 ans :

Et en attendant qu’est-ce qu’on fait ?

Il est tout à fait possible d’entrer en résistance face aux discours et méthodes de certains professionnels. Ainsi, il est possible de tenter de réparer soi-même son grille-pain fétiche, éventuellement avec l’aide de sites Internet tels www.commentreparer.com, ou le site américain www.ifixit.com, pionnier du genre. Si vous n’avez pas le courage d’ouvrir votre boite à outils, il est possible de s’adresser à des associations d’insertion (et notamment les Ateliers du bocage, de la communauté Emmaüs).

On peut également choisir d’acquérir un produit un peu plus cher, ce qui sera (espérons-le !) synonyme de meilleure qualité, et donc d’une durée de vie allongée ; cela compensera le surcoût à l’achat. Si l’on a un petit budget, on peut acheter d’occasion, et également revendre ce qui fonctionne encore, cela profitera à d’autres.

Enfin, lorsque la panne d’un appareil électrique semble définitive, il convient de déposer le moribond en déchèterie ou dans un point de collecte (trouvez le/la plus proche ici). Il sera dépollué et recyclé, ce qui limitera son impact environnemental.

En tout état de cause, restons informés ! La meilleure sanction vis à vis d’un professionnel qui pratiquerait l’obsolescence programmée, c’est encore de ne pas ou plus acheter ses produits.

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Savoir ce que l’on mange : doit-on devenir locavore ?

Le scandale de la viande de cheval nous rappelle s’il en était besoin que nous ignorons souvent l’origine des produits entrant dans la falocavorebrication des plats préparés. Face à la cuisine trouble des industriels, le consommer local est revenu en force,  ainsi que les préceptes locavores. Disons le tout de suite, le locavorisme est assez contraignant, mais il est possible de s’en inspirer dans la vie de tous les jours.

Qu’est-ce que le concept locavore ?

Venu des Etats-Unis, le principe est assez simple sur le papier : ne consommer que des produits locaux, c’est-à-dire provenant d’un rayon de 250 km maximum. L’intérêt est de limiter les intermédiaires et de traiter le plus possible avec les producteurs, ce qui permet une excellente tracabilité de son alimentation. Cela oblige également à consommer les produits de saison (ou à faire des bocaux et des conserves). Par ailleurs, les circuits courts tendent également à être plus vertueux d’un point de vue environnemental (v. l’avis de l’ADEME qui émet néanmoins quelques réserves). Une émission diffusée sur France 5 en 2012 avait montré différentes familles qui tentaient l’expérience, et qui avaient pu constater que ce n’est pas si simple ! Difficile de se passer de thé, de café, de bananes, de poivre, de chocolat, de ketchup, …  Sans devenir totalement locavore, d’autres possibilités existent pour mieux connaître son alimentation.

Rechercher certains labels

Quelques labels nous permettent de connaître avec certitude l’origine du produit. Le problème, c’est que les « bons » labels sont noyés dans ceux que créent les industriels à des fins purement marketing. Pour séparer le bon grain de l’ivraie, on peut consulter le site Mes courses pour la planète. On rappellera que le label bio, pertinent si l’on veut éviter les OGM et les pesticides, ne permet pas nécessairement de connaître la provenance du produit (qui peut venir de l’autre bout du monde), contrairement au label rouge, l’IGP (indication géographique protégée), l’AOC (appellation d’origine contrôlée) et l’AOP (appellation d’origine protégée). Pour la viande, il existe également les labels VF (viande bovine française) et VPF (viande de porc française). En tout état de cause, une bonne garantie de provenance locale, c’est aussi d’aller au marché chez des petits producteurs. Il est également possible de passer par un AMAP, ou un Jardin de Cocagne, ce qui vous permettra chez ce dernier de manger bio et de participer à une démarche d’insertion.

Faire soi-même !

On l’a compris, l’origine des ingrédients (généralement nombreux) d’un plat préparé est difficile à établir. De surcroît, on ne prend pas toujours le temps de lire les étiquettes, qui listent par ailleurs assez régulièrement un certain nombre d’additifs (les fameux E suivis d’un numéro). Cuisiner ses plats, c’est avoir la maîtrise de la recette, des aliments qu’on y met, et donc de ce que l’on va manger. Cela prend certes un peu plus de temps, mais cela permet généralement de faire des économies et de générer moins de déchets d’emballage (faites le calcul pour une marmite de soupe qui fera la semaine vs l’équivalent en briques individuelles).

Par ailleurs, il est évidemment possible de cultiver soi-même quelques fruits et légumes, soit en pleine terre, soit en pot sur un balcon (on peut commencer par les aromatiques, mais il est assez facile d’avoir des tomates cerises, des salades voire des courgettes en pot). Quelle meilleure traçabilité que de manger ce que l’on a planté ?

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Lancement de la 4e édition de la semaine européenne de la réduction des déchets

Lancement de la 4e édition de la semaine européenne de la réduction des déchets.

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Paradoxes et limites de la croissance selon le PIB

pibLa question de la croissance est omniprésente dans le discours politique. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Il s’agit généralement d’une croissance du PIB, acronyme de produit intérieur brut, indicateur qui mesure la richesse d’un pays en termes de production de biens et de services sur une période donnée.

Le propos est ici de montrer les limites de cet outil qui semble avoir le monopole pour évaluer les performances d’un pays (avec son corollaire, le PIB par habitant, qui ambitionne de donner une idée du niveau de vie).

La première critique réside dans le fait que le PIB ne tient pas compte de l’environnement. L’utilisation rationnelle des ressources naturelles apparaît secondaire, tout comme une gestion de celles-ci à long-terme (consommons-les tant qu’on peut, on verra après). Une activité polluante va générer du PIB, et c’est également le cas des opérations de dépollution. Cela n’incite donc pas à faire de la prévention. Ainsi, par exemple, les pollutions diffuses de l’eau vont permettre ensuite à des entreprises de facturer son épuration ; la production élevée de déchet conduira à la mise en place en aval de filières de traitement.

La deuxième limite du produit intérieur brut est son côté mécanique, qui ne tient pas compte de l’utilité de l’activité, et de sa valeur sur le plan humain. On cite généralement l’exemple des accidents de la route, qui génèrent du PIB (soins médicaux, achat de nouveaux véhicules, réparations, …). Une catastrophe naturelle ou un attentat va également contribuer au PIB. Et de manière générale, les guerres sont positives pour l’indicateur, de leur déroulé à la période de reconstruction. Ainsi, le PIB permet mal d’augurer du bonheur et du bien-être d’une population.

Troisièmement, le PIB ne tient pas compte de ce que l’on appelle l’auto-production : si vous avez un potager, les fruits et légumes que vous récolterez ne contribueront pas au calcul de l’indicateur. De même, à chaque fois que vos talents de bricoleur vous permettront de vous dispenser des services d’un professionnel, vous n’apporterez pas votre écot à la richesse nationale. Si en plus vous envisagez de construire votre maison tout seul, la récession nous guette !

Si l’on ajoute à cela que l’ensemble des activités bénévoles ne sont pas prises en compte, l’on va pouvoir conclure que la meilleure façon de favoriser la croissance économique sous le prisme du PIB, c’est de faire du « business » tous azimuths. En poussant le raisonnement par l’absurde, il faudrait que tout soit rémunéré : plus d’acte gratuit, plus de bénévolat, plus de service rendu. Vendez les produits de votre potager à votre voisin, vous achèterez les siens. Rémunérez le conjoint qui ne travaille pas mais s’occupe des tâches ménagères. Ne donnez plus gracieusement des cours de piano au fils de votre ami d’enfance. Tout devrait être facturé et déclaré pour booster le PIB, et permettre à l’Etat d’opérer quelques ponctions salutaires pour la réduction de notre déficit public.

Les messages véhiculés par le PIB peuvent donc faire l’objet de quelques réserves à l’aune des préceptes du développement durable. Rappelons que ce concept ne nie pas l’économie, mais celle-ci n’est qu’une de ses composantes, un de ses trois piliers, qui coexiste avec les enjeux sociaux et la prise en compte de l’environnement. Depuis 2003, la France est d’ailleurs dotée d’une stratégie nationale du développement durable, adoptée pour 5 ans. La deuxième mouture prévoit, à côté du PIB et du taux de chômage, d’autres indicateurs pour évaluer les progrès sur des objectifs tout aussi louables, avec notamment :

  • la productivité matière (qui permet de tendre vers une économie plus sobre en consommation de ressources naturelles)
  • les sorties précoces du système scolaire
  • la participation des femmes aux instances de gouvernance
  • les émissions de gaz à effet de serre
  • l’abondance des populations d’oiseaux
  • l’espérance de vie

Le fait est que l’on entend beaucoup moins parler de ces indicateurs ! En somme, ce n’est pas tant le PIB en soi qui est le plus critiquable, mais sa propension à occulter le reste.

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