Catégorie : Environnement

Suremballage : de la vacuité d’une boite de crackers

Peut-être l’avez-vous déjà remarqué, certains produits alimentaires que l’on achète semblent ne pas avoir hérité d’un emballage à leur juste taille, un peu comme si l’on achetait un pull XXL alors qu’un L suffirait amplement. C’est ce que l’on appelle du suremballage. Les exemples tendent toutefois à diminuer, car à l’aune du développement durable, les industriels sont un peu plus regardants. L’achat d’une boite de crackers Bénénuts permet toutefois de se rendre compte qu’une rechute est possible :

suremballage

Les Apéro Cracks Maxi Craquants (c’est leur « petit » nom) sont également maxi emballés ! Pour bien s’en rendre compte, faisons une comparaison avec une autre boite de biscuits apéritifs de chez Belin. La différence de volume est assez substantielle, mais ce n’est pas tout : contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a PLUS de poids de produit chez Belin, 105 grammes contre seulement 90 grammes chez les Cracks de l’apéro. C’est une question de densité me direz-vous. Ouvrons le paquet :

suremballage

C’est donc le grand vide. Le produit remplit à peine la moitié du paquet ! C’est un cas flagrant de suremballage. Par contre, au niveau du prix, les Maxi Cracks Apéro Craquants (pardon, je m’embrouille) retrouvent de la consistance : 13,22 € du kilo chez Carrefour, contre 8 € du kilo pour les Belin Monaco. Il faut cependant le concéder, ces derniers ont le tort de ne pas être nouveaux (et de ne pas contenir d’herbes méditerranéennes).

Les bonnes vieilles recettes du marketing

A ce stade, il est loisible de se poser une question : pourquoi un industriel recourt à un emballage inutilement disproportionné, ce qui augmente ses coûts (plus de matière première, plus de transport, …) ? La justification est évidemment purement marketing : pour vendre, le produit se doit d’être visible (c’est ce que l’on appelle le « facing »). Plus un produit occupe de l’espace, plus il est visible et donc augmente ses chances d’aguicher le consommateur. C’est ce parti que semble avoir pris Bénénuts. Ce faisant, il est pourtant dans l’illégalité.

Ce que dit la réglementation en matière de suremballage

L’article R 543-44 du code de l’environnement est très clair : « L’emballage doit être conçu et fabriqué de manière à limiter son volume et sa masse au minimum nécessaire pour assurer un niveau suffisant de sécurité, d’hygiène et d’acceptabilité ». Rien ne justifie donc cette extravagance, Bénénuts pourrait en conséquence être poursuivi, avec une amende assez substantielle à la clé : 450 € (contravention de la 3ème classe) multiplié par le nombre d’emballages concernés !

Le fait est que les condamnations sont rares pour ne pas dire inexistantes. Pourtant, les exemples ne manquent pas, comme pour cet ordinateur portable acheté sur Internet et livré dans un carton comment dire… inadapté ?

suremballage

 

Et le consommateur dans tout ca ?

Le consommateur a tendance à l’oublier, mais c’est lui qui paie ses emballages, qui font partie intégrante du prix de vente. Et il paiera une seconde fois pour le traitement de l’emballage devenu déchet (voir cet article). Le suremballage coûte donc cher…

Plusieurs entreprises font cependant des efforts avec ce que l’on appelle l’écoconception. Des bonnes pratiques existent et sont notamment prônées par le Conseil National de l’emballage, une instance créée par les professionnels. Certains emballages se sont ainsi considérablement allégés ces dernières années (bouteilles d’eau, paquets de chips, boites de biscuits, …).

En tout état de cause, on a le pouvoir d’agir par ses choix de consommation. On peut privilégier les gros conditionnements lorsqu’ils sont disponibles, ou le vrac. Mais la meilleure façon d’interpeller un professionnel, c’est encore de ne plus acheter les produits qui donnent dans le suremballage. Bye bye les Apéro Cracks Bénénuts !




Catastrophes naturelles : gérer les déchets

Parler de catastrophes naturelles en ce moment, c’est immédiatement songer aux inondations qui ont frappé le sud de la France pendant plusieurscatastrophes naturelles semaines, notamment à cause de plusieurs épisodes cévenols. Mais la France est soumise à d’autres risques : séismes, feux de forêt, ou encore cyclones pour les départements et régions d’outre-mer. Ces différents aléas sont autant de dangers pour les personnes, et de façon logique, c’est ce qui est mis en avant dans les médias, mais il faut savoir qu’il y a également des conséquences non négligeables pour l’environnement, notamment en termes de déchets.

Les différents déchets générés par les catastrophes naturelles

Chaque catastrophe naturelle est différente, mais elles ont un point commun, elles peuvent générer des tonnes et des tonnes de déchets. Ceux-ci sont de nature diverse :

  • Appareils électro-ménagers
  • Véhicules
  • Meubles
  • Boues
  • Gravats
  • Produits alimentaires
  • Vêtements

Cet afflux soudain de déchets présente de grandes difficultés d’un point de vue logistique, d’autant plus que les moyens de collecte et de transport peuvent être encore perturbés pendant plusieurs semaines après l’évènement. En 2009, selon l’association Robin des Bois,  la tempête Xynthia a ainsi généré en quelques heures 9000 tonnes de déchets, soit plus de 10 fois la production annuelle ! Plus récemment, les inondations du 17 septembre ont coûté 500 000 euros à Alès pour le traitement des déchets.

La gestion des déchets

Ce sont effectivement les collectivités territoriales concernées qui se retrouvent à gérer tant bien que mal les monceaux de déchets générés par les catastrophes naturelles. Ce n’est évidemment pas facile ; les déchets d’inondation, par exemple, sont généralement trop humides pour être incinérés immédiatement. Certaines substances polluantes se retrouvent par ailleurs disséminées dans l’environnement. Ces dernières années, des outils ont été mis à la disposition des communes sinistrées, tel un guide de prévention et de gestion, afin d’améliorer le traitement et la valorisation des différents types de déchets. Les éco-organismes doivent par ailleurs intervenir pour récupérer les gisements qui les concernent.

catastrophes naturelles

Schématisation d’un site d’entreposage des déchets après une catastrophe naturelle

Les moyens de prévention

En droit de l’environnement, on met souvent en avant un principe de prévention (notamment consacré à l’article 3 de la charte de l’environnement, et à l’article L110-1 du code de l’environnement). L’idée est d’agir en amont des catastrophes naturelles pour limiter au maximum les pertes et les dégâts.

Quels sont les bons gestes ? En cas de risque d’inondation, le simple fait d’arrimer le mobilier de jardin permettra d’éviter qu’il soit emporté. On peut également mettre hors d’eau les meubles, les appareils électriques, les substances polluantes. On peut débroussailler son jardin pour réduire son exposition à un feu de forêt. En fonction du risque encouru, on peut prévoir un kit de survie : il est important d’anticiper car certains objets du quotidien peuvent devenir très difficiles à se procurer après une catastrophe naturelle. On peut par ailleurs se renseigner sur différents sites Internet mis en place par les pouvoirs publics pour vérifier son exposition aux risques : Prim.net et Vigicrues par exemple.

Pour en savoir plus, il existe des guides d’information détaillés à destination du grand public, des collectivités locales et des entreprises. Ces guides, rédigés par type de risque, sont téléchargeables sur le site Internet d’un organisme spécialisé sur les questions relatives aux déchets générés par les catastrophes naturelles : le GEIDE (Groupe d’expertise et d’intervention déchet post-catastrophe). Si on ne peut empêcher les humeurs de la nature, des solutions existent pour protéger les personnes et les biens. Les connaître, c’est être en mesure de réduire les pertes et les traumatismes générés par les différents aléas qui peuvent frapper notre pays.




DEEE : publication du décret transposant la directive européenne de 2012

DEEE : publication du décret transposant la directive européenne de 2012.

 

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DEEE : vers un élargissement de la responsabilité élargie du producteur ?

DEEE : vers un élargissement de la responsabilité élargie du producteur ?


 

 

 

 

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L’éco-participation : le financement visible du recyclage de nos déchets

Vous avez récemment acheté un produit qui comportait, à côté du prix de vente, une « éco-participation » , ou « éco-part » ? Voici l’occasion de regarder d’un peu plus près à quoi correspond cette somme d’argent, et à quoi elle sert.éco-participation

L’éco-participation est la matérialisation d’une collecte sélective

Un certain nombre d’objets du quotidien font l’objet d’une collecte sélective lorsqu’ils deviennent des déchets, afin d’être valorisés et recyclés. C’est le tri que nous nous efforçons tous de faire avec plus ou moins d’assiduité. Il existe plusieurs filières que nous avons déjà eu l’occasion de détailler. Pour chaque flux, une structure est chargée de mettre en place le tri : ce sont les éco-organismes. Ces entités, agréées par les pouvoirs publics, se financent sur notre consommation, en récupérant une partie du prix que nous avons versé pour l’achat d’un objet soumis à une collecte sélective. Les professionnels concernés abondent les budgets des éco-organismes dans le cadre de ce que l’on appelle la responsabilité élargie des producteurs (REP).  Dans la plupart des filières, le consommateur n’est pas informé de cette ponction. Lorsque c’est visible, on parle d’éco-participation.

Les filières concernées par l’éco-participation

Il en existe deux à ce jour :

  • les équipements électriques et électroniques (les DEEE) ; lorsque nous achetons ce type d’appareil (cela va de l’ordinateur au réfrigérateur en passant par la perceuse), nous allons payer une petite somme d’argent au titre de l’éco-participation qui financera les actions des éco-organismes de la filière, et notamment Eco-systèmes ;
  • les meubles ; cette filière est toute récente. Depuis le 1er mai 2013, là aussi, une éco-participation figure à côté du prix de vente en application de l’article L 541-10-6 du code de l’environnement. L’éco-organisme en charge de cette filière s’appelle Eco-mobilier.

Le montant de l’éco-participation varie en fonction du type de produit acheté, et des coûts de traitement du produit devenu déchet. Ce sont les éco-organismes qui établissement des barèmes que vont devoir respecter les industriels. Le barème d’Eco-systèmes prévoit par exemple une éco-participation de 1 à 2 centimes d’euros HT lors de l’achat d’un téléphone portable. L’impact financier est alors dérisoire, mais sur d’autres types de produits, c’est plus cher : jusqu’à 8 euros HT pour un gros téléviseur, et jusqu’à 13 euros HT pour un réfrigérateur.

Les enseignes qui vendent des appareils électriques et/ou des meubles ont l’obligation d’afficher cette éco-participation à côté du prix de vente. Concernant les meubles, le dispositif est récent, et certains professionnels ne respectent pas encore les prescriptions légales. Ainsi, et c’est étonnant, IKEA nous explique ce qu’est l’éco-participation sur les meubles, mais ne l’affiche pas sur ses articles (c’était le cas à la date de publication de l’article, IKEA s’est mis en conformité depuis) !

A quoi sert concrètement l’éco-participation ?

On l’a compris, les sommes récoltées au titre de l’éco-participation financent les actions des éco-organismes de la filière. Cela représente des dizaines de millions d’€ par an ! Les éco-organismes dépensent cet argent de différentes manières. Il peut s’agir d’actions de communication à destination du grand public, pour informer sur la filière et le geste de tri (spot à la télévision, à la radio, dépliant d’une collectivité, …), de financer la collecte et le traitement des déchets de la filière, notamment dans les déchetteries et les magasins, ou encore de passer des partenariats avec les acteurs de l’économie sociale (Exemple : Emmaüs) pour permettre la remise en état et le réemploi d’un maximum de produits.

En tous les cas, afin que l’éco-participation prenne tout son sens, il ne suffit pas de la payer : encore faudra-t-il respecter les consignes de tri le moment venu !

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Le coût de notre poubelle, ou pourquoi moins jeter (?)

poubelle

Briques alimentaires compactées

C’est un geste machinal que nous répétons plusieurs fois par jour : nous jetons à la poubelle ce qui est cassé, périmé, dépassé, en gros ce dont on n’a plus besoin. Il peut s’agir de restes alimentaires, d’emballages, d’une ampoule usagée, de la cafetière qui vient de rendre l’âme, de journaux et autres magazines, etc. La plupart d’entre nous ignorent ce que vont devenir ces objets du quotidien requalifiés déchets, et combien cela coûte. Car c’est bien nous qui finançons le devenir de  nos poubelles !

Que dépense-t-on pour la gestion de nous poubelles ?

En France, le coût annuel global des déchets est évalué à 15 milliards d’euros par l’ADEME, avec une règle de base assez simple, celle du pollueur-payeur. C’est la personne qui crée le déchet qui doit financer son traitement. Ainsi, le fait de jeter à la poubelle a des conséquences pour notre porte-monnaie !

Nous payons le traitement de nos déchets à différents niveaux. On doit ainsi régler chaque année un impôt local, la taxe ou la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM).  Il est à noter que pour un locataire, cela peut être inclus dans les charges, car c’est au propriétaire de s’acquitter de la TEOM ou de la REOM en même temps que la taxe foncière.

Ce que nous savons moins, c’est que nous payons aussi pour nos déchets dans notre consommation. A partir du moment où il y a une collecte sélective (par exemple, le bac jaune pour les déchets d’emballages, les collecteurs de piles ou d’ampoules basse consommation dans les grandes surfaces, les collecteurs de vêtements sur la voie publique, …), une fraction du prix versé lorsque nous achetons le produit concerné servira au financement de la fin de vie de celui-ci. Si vous achetez un pack de jus d’orange, vous achetez également les emballages qui vont avec, et vous financez leur traitement en tant que déchet (dans l’idéal leur recyclage si vous le triez bien :-)). Cette ponction reste assez méconnue, car elle est invisible, sauf pour les produits électriques ou électroniques, où une « éco-participation » est mentionnée à côté du prix.

Comment réduire la facture en tant que consommateur ?

En toute logique, le fait de moins jeter et/ou de moins consommer devrait faire baisser l’impact financier de nos déchets. Ce n’est pas aussi simple. En effet, la fiscalité des déchets ne tient pas toujours compte du poids de nos poubelles. Ainsi, la TEOM n’est pas calculée en fonction du volume des ordures collectées. Les choses évoluent cependant, avec la mise en place de redevances dites incitatives, avec par exemple un calcul au poids qui sera effectué pour chaque usager. C’est notamment le cas à Besançon ; la facture doit donc en principe baisser pour ceux qui sollicitent le moins leur poubelle, mais le système nécessite d’investir dans des équipements spécifiques, et les effets sont moins visibles dans les immeubles collectifs (pas d’individualisation).

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Poubelles de collecte sélective

Au quotidien, il est également possible d’agir par différents gestes pour réduire ses déchets, et donc leur coût : acheter et consommer moins emballé, bien gérer la conservation des denrées alimentaires ou encore se mettre au lombricompostage. Enfin, trier ses déchets, c’est permettre le recyclage de matériaux qui prennent de plus en plus de valeur (leur revente permet ainsi de baisser la facture du traitement des déchets).

Il ne faut cependant pas perdre de vue que nous n’avons pas toujours le choix dans nos achats, c’est également aux professionnels d’agir.

L’implication des professionnels

On parle de plus en plus de responsabilité sociale et environnementale des entreprises (la RSE). La Loi Grenelle I a posé un objectif de réduction des déchets qui passe par une exigence d’écoconception pour les professionnels. Il s’agit de concevoir et fabriquer des produits qui généreront le moins de déchets possible, et qui seront recyclables facilement. Par exemple, l’article R. 543-44 du code de l’environnement dispose que les emballages des produits doivent le plus possible être limités en volume et en poids par les producteurs, et doivent réduire au maximum leur incidence sur l’environnement.

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Appareils électroménagers en fin de vie

Les professionnels ne jouent pas toujours le jeu. Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’obsolescence programmée de certains produits. Par ailleurs, la pratique du suremballage existe toujours. Et puis les déchets, c’est de la croissance économique pour certains industriels, et c’est donc intéressant du point de vue du PIB. La logique économique n’est pas toujours celle du moins de déchet possible. Juste un exemple qui m’a frappé récemment, celui des essuie-glaces. Pour commencer, ils ont une durée de vie très limitée, n’est-ce pas étrange qu’ils soient déjà usés au bout de quelques mois ? Mais surtout, pourquoi ne pas simplement permettre de changer la languette de caoutchouc ? Ce serait moins cher pour le consommateur, et il y aurait moins de déchets à la clé, donc moins d’impact environnemental !  Eh bien non, il faut payer plein pot pour racheter toute la ferraille et envoyer les anciens ad patres. On a parlé de coût des déchets, finissons sur ce coup de gueule ! Il est possible d’alléger nos poubelles par des choix de consommation, mais il faut aussi interpeller les industriels pour changer certaines pratiques.

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Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

obsolescence programméeUne proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a remis sur le devant de la scène le concept d’obsolescence programmée. Ce mal toucherait un certain nombre d’appareils de notre quotidien. Mais quel est-il, comment reconnaître ses symptômes, et comment y remédier ?

La notion d’obsolescence programmée

Une étude de l’ADEME définit l’obsolescence programmée comme un « stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Un rapport parlementaire paru en 2011 rappelle que le concept trouve son origine dans un essai de Bernard London de 1932, qui l’érige en solution pour favoriser la croissance économique. On en trouve une des premières applications à grande échelle avec les ampoules à incandescence, dont la durée de vie  a été artificiellement limitée par un cartel de professionnels pour obliger les consommateurs à en acheter beaucoup plus souvent. D’autres écrits sont disponibles sur la question : un rapport du CNIID et des Amis de la Terre de 2010 qui dénonçait déjà certaines pratiques des professionnels, et plus récemment, un rapport du centre européen de la consommation.

Il existe plusieurs formes d’obsolescence plus ou moins condamnables. Ainsi, les effets de mode conduisent à ne plus utiliser un bien qui n’est pourtant pas encore bon pour la poubelle (les vêtements par exemple). Les industriels nous poussent à consommer en mettant en permanence de nouveaux produits sur le marché, à grand renfort de publicité. C’est de bonne guerre, et nous conservons notre libre-arbitre ! Il y a cependant plus grave, notamment lorsque le produit est conçu pour gêner voire empêcher sa réparation (des batteries des téléphones portables moulées dans la coque par exemple, la présence de vis à tête spéciale ou de rivets, des pièces d’usure quasiment inaccessibles, etc.). Il peut également s’agir d’inclure dans l’appareil une pièce essentielle qui va immanquablement casser (condensateur dans un écran plat, cuves en plastique des machines à laver). D’autres techniques sont encore plus insidieuses : ainsi, par le jeu des mises à jour, un ordinateur ou un smartphone devient désagréablement lent, au point de vouloir en changer ; tout peut également être fait pour décourager la réparation, et en premier lieu le prix de celle-ci (« votre appareil est économiquement irréparable, ca tombe bien, on a une offre spéciale en ce moment sur un nouveau modèle »).

Une volonté de légiférer pour contraindre les professionnels à agir

La proposition de loi évoquée vise à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits. Il s’agit d’étendre progressivement la durée de la garantie légale de 2 à 5 ans (ce qui inciterait les fabricants à construire plus durable pour avoir un taux de retour le plus bas possible), d’obliger les professionnels à mettre à disposition pendant 10 ans les pièces détachées essentielles au fonctionnement du produit, ainsi que les notices de réparation. Un délit d’obsolescence programmée serait également créé, défini comme  toute technique par laquelle un fabricant ou un importateur vise à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Celui-ci serait réprimé de 2 ans d’emprisonnement et/ou 37 500 € d’amende.

Que cette proposition de loi soit adoptée ou non, la révélation des techniques d’obsolescence programmée indigne à juste titre les consommateurs. Des entreprises commencent d’ailleurs à surfer sur la tendance, et notamment Malongo qui met en avant une cafetière garantie 5 ans :

Et en attendant qu’est-ce qu’on fait ?

Il est tout à fait possible d’entrer en résistance face aux discours et méthodes de certains professionnels. Ainsi, il est possible de tenter de réparer soi-même son grille-pain fétiche, éventuellement avec l’aide de sites Internet tels www.commentreparer.com, ou le site américain www.ifixit.com, pionnier du genre. Si vous n’avez pas le courage d’ouvrir votre boite à outils, il est possible de s’adresser à des associations d’insertion (et notamment les Ateliers du bocage, de la communauté Emmaüs).

On peut également choisir d’acquérir un produit un peu plus cher, ce qui sera (espérons-le !) synonyme de meilleure qualité, et donc d’une durée de vie allongée ; cela compensera le surcoût à l’achat. Si l’on a un petit budget, on peut acheter d’occasion, et également revendre ce qui fonctionne encore, cela profitera à d’autres.

Enfin, lorsque la panne d’un appareil électrique semble définitive, il convient de déposer le moribond en déchèterie ou dans un point de collecte (trouvez le/la plus proche ici). Il sera dépollué et recyclé, ce qui limitera son impact environnemental.

En tout état de cause, restons informés ! La meilleure sanction vis à vis d’un professionnel qui pratiquerait l’obsolescence programmée, c’est encore de ne pas ou plus acheter ses produits.

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Le point sur les lampes basse consommation

Le 31 décembre 2012 marque la fin du calendrier de retrait des ampoules à incandescence, avec la disparition des rayons pour les ampoules de 25 W elampes basse consommationt plus. Hormis l’éclairage du réfrigérateur ou d’un four, il va donc falloir définitivement se tourner vers d’autres sources de lumière, et notamment les fameuses lampes basse consommation (les LBC) ! Voici un petit rappel de leurs avantages et de leurs inconvénients.

De meilleures performances…

Ces lampes, qui sont en fait des tubes néons compacts, consomment 5 fois moins d’énergie que les ampoules à incandescence et ont une bien meilleure longévité. Ainsi, le surcoût à l’achat est compensé par les économies d’énergie réalisées et une plus grande durée de vie (8 à 10 fois plus élevée).

…qui ne font pas l’économie de quelques inconvénients

La généralisation des LBC a mis en avant un certain nombre de critiques :

  • Le temps d’allumage : on l’a tous remarqué, contrairement aux ampoules classiques, les lampes basse consommation prennent leur temps pour atteindre la pleine puissance. Cela peut aller jusqu’à 1 mn, ce qui pose des problème pour certains usages. Les LBC de dernière génération font cependant des progrès ;
  • La température de fonctionnement : certaines LBC sont frileuses ! Elles ne fonctionneront pas en extérieur si la température est trop basse ;
  • Le spectre lumineux : les premières LBC émettaient une lumière plutôt blafarde. Là aussi, les choses s’améliorent, et la « température » de l’éclairage est désormais affichée sur l’emballage ;
  • La durée de vie : des études ont montré que certaines lampes basse consommation ne tenaient pas leur promesses en termes de durée de vie ; c’est problématique compte-tenu de leur prix !
  • La fin de vie : contrairement aux lampes à incandescence que l’on pouvait jeter directement à la poubelle, les LBC contiennent du mercure et doivent être rapportées en magasin pour être traitées et recyclées par l’éco-organisme Recylum (pour en savoir plus et trouver l’espace de collecte le plus proche de votre domicile, cliquez ici). Si vous cassez une lampe basse consommation, pas de panique, la quantité de mercure est très faible : ramassez à la balayette et jetez les brisures à la poubelle, mais ne passez pas l’aspirateur pour ne pas vaporiser le mercure
  • L’émission d’ondes électromagnétiques : cette question a défrayé la chronique ; contrairement aux ampoules classiques, les LBC émettent effectivement des ondes. L’ADEME a conclu qu’à une distance de 30 cm, le champ électromagnétique ne pose pas de problème sanitaire. On pourra cependant déconseiller l’usage de LBC pour les lampes de bureau ou les lampes de chevet.

Quelles alternatives ?

Vous l’aurez compris, il va de toute façon falloir faire le deuil des ampoules à incandescence (sauf pour ceux qui ont fait des stocks !). Cela ne veut pas dire que l’on est condamné à se tourner vers les lampes basse consommation. Il est tout d’abord possible d’acheter des LED (les diodes électroluminescentes) ; elles sont encore plus performantes que les LBC, mais elles restent chères, n’ont pas à ce jour une puissance très élevée, et sont éblouissantes (l’ANSES a pointé des risques pour la rétine).

Il est également possible de se tourner vers les ampoules halogène haute efficacité, qui consomment plus d’électricité, mais qui n’ont pas les inconvénients des LBC. On pourra notamment les privilégier pour les lampes de chevet ou de bureau, ou l’éclairage extérieur si l’hiver est rude.

Espérons que cet article aura permis de vous éclairer sur la question 🙂

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Lancement de la 4e édition de la semaine européenne de la réduction des déchets

Lancement de la 4e édition de la semaine européenne de la réduction des déchets.

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Antennes relais : la Cour de cassation précise le champ de compétence du juge judiciaire

Antennes relais : la Cour de cassation précise le champ de compétence du juge judiciaire.

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